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L’écosystème rivière
L'Oust pres de Malestroit Photo ruisseau region Auray (56)
L'histoire des hommes est intimement liée à celle de l’eau. Les plus brillantes civilisations se sont développées dans les vallées alluviales comme en Mésopotamie le long du Tigre et de l’Euphrate, ou du Nil. Plus près de nous en France beaucoup de villes doivent leur prospérité au fleuve : Lyon, Grenoble, Paris…. Au moyen age la création d’un village était conditionnée par la présence d’un fleuve ou d’une rivière. La gestion de l’eau potable dont une grande partie provient des cours d’eau « l’or blanc » est un enjeu majeur, pour les générations à venir. La pression humaine sur l’environnement s’intensifie : urbanisation galopante, industrialisation, avec les rejets qu’elle engendre. Une grande partie de toutes ces activités sous une forme ou une autre aboutit à la rivière qui se jette dans le fleuve et du fleuve aboutit à la mer. Les cours d’eaux, du plus modeste ruisseau jusqu’au fleuve, outre leur importance économique jouent un rôle capital dans l’écosystème et le maintien de la biodiversité des « zones humides » Toutes les espèces animales ou presque sont présentes dans l’écosystème rivière. Les poissons bien sûr et tous ceux qui sont inféodés au milieu aquatique, oiseaux, reptiles, batraciens, insectes et mammifères. L’existence de toute une flore bien spécifique totalement aquatique, semi aquatique ou bordurière est totalement intégrée à cet environnement. La préservation des milieux aquatiques est essentielle au maintien de la « biodiversité » la riviere est vivante
Photos rivière à truite bien oxygénée ici le "Loch"pres d'Auray ( 56 ) Vegetation rivulaire luxuriante , libellules Calopterix et Gomphus metamorphose achevée Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Simple filet d’eau à sa source, le ruisseau alimenté par les eaux de surface grandit, s’élargit, creuse un lit. Vif, rapide, bien oxygéné dans la première partie de son cours, il s’assagit en plaine et vient grossir un autre cours d’eau ou vient mourir dans la mer. Estuaires ou deltas sont propices à la vie des hommes des plantes et des animaux. A chaque étape de son voyage le cours d’eau reflète le paysage environnant, se charge de matières organiques, abrite une flore et une faune différente et variée. Les interactions entre la rivière et son environnement sont constants : il n’y a pas de « frontière » entre l’eau et la terre, entre le lit du cours d’eau et la berge. Ci dessous Iris des Marais Callitriche palustris dans le Pontchrist pres d'Auray (56 ) végétation Rivulaire Aulnes et Saules Les plantes immergées ou de surface épurent les eaux en consommant les rejets azotés résidus des activités humaines, en particulier agricoles. La présence de plantes comme celles sur la photo ci dessus est un signe de bonne santé de la riviere au contraire le developpement des algues filamenteuses indique un exces de matieres organiqus ou minerales en suspension ,essetiellement des Nitrates dues aux engrais. La végétation bordurière retient les berges et restitue l’eau puisée par les racines et humidifie l’atmosphère. Les plantes rivulaires jouent un rôle majeur , en particulier pour les alevins qui trouvent entre les racines immergées protection et nourriture, et abritent quantité d’oiseaux, petits passereaux palmipèdes, échassiers qui vivent ou nichent à proximité( sur le cliche ci dessus on aperçoit deux colverts ). Qu'elles soient totalement aquatiques comme les Myriophylles les Elodées, les Ceratophyllum, bien connues des aquariophiles, semi aquatiques comme les Nénuphars les Aponogétons ou en bordure comme les Aulnes, les Saules,les Frênes tous sont nécessaires au maintien de la biodiversité. Une place pour chacun et chacun à sa place Poissons des"cours moyens" Brochet Black bass Perche soleil La richesse biologique d’un cours d’eau, la nature et la composition de son eau reflète celle son environnement : nature des sols, climats, relief. Toutes les espècesoccupent la « niche écologique » qui leur est la plus favorable Le cours d’eau rapide bien oxygéné au lit caillouteux est le domaine de la truite Photos ci dessous Truite de souche sauvage: la robe est somptueuse constellée de points noirs, Perche commune, Carpe à ecailles du Saumon, du Vairon. Assagi en aval, le lit plus profond et limoneux abrite Bremes,Gardons, tanches ,Anguilles, avec leurs predateurs naturels : Sandres perches, brochets. La zone intermédiaire dite « zone à barbeau » est peuplée d’espèces comme le chevesne ,le Goujon. Photos ci-dessous Chevesne Vairons Goujons pProches de la mer de nombreuses espèces s’adaptent au mélange des eaux. Tous les cours d’eau du fait des diverses influences climatiques qu’ils subissent présentent une forte variabilité saisonnière et annuelles de leur débit, avec des étiages sévères et à l’inverse des crues parfois catastrophiques. Truite voir annexe1 Crues et Brochet voir annexe 2 Les invertebrés d'abord Les insectes, sous leur forme larvaire surtout, sont le premier maillon de la chaine alimentaire, ils sont consommés par les poissons ,les batraciens. Leur présence en variétés,quantité, sont le meilleur indicateur d'un cours d'eau en bonne santé. Larve d'Ephemere Larve de Dytique larve de phrygane dite"porte bois". Gammare larve de Calopterix (libellule )
Limnée ![]() Metamorphose de la grande AeschneLa faune piscicole est alors importante, ils sont la base de la nourriture des poissons. Les mollusques, planorbes, limnées jouent le rôle d’éboueurs , avec leur petite langue râpeuse, inlassablement, ils "broutent" les algues qui parasitent les plantes immergées .Les crustacés aussi sont présents, l’espèce indigène d’écrevisse est menacée par les introductions intempestives d’espèces exotiques comme celles de « Louisiane » et « Américaine » peu exigeantes mais dévastatrices. Ce sont les les Gammares ( photo ci dessus ) qui contiennent des pigments riches en carotène qui donnent à la truite sa chair rose dite "saumonée Grande Aeschne. Larve libellule Gomphus, Metamorphose grande Aeschne. Calopterix Ces insectes appartiennent à la grande famille des Odonates, les libellules, joliment représentées par les les Agrions ces gracieuses petites libellules, les Calopterix aux couleurs mordorées, les Gomphus, les Aeschnes.
Le long voyage sans retour du Saumon et de l’Anguille Le Saumon est dit « anadrome » car il remonte dans le cours d’eau natal en eau douce pour se reproduire et passe le reste de sa vie en haute mer il peut atteindre 1m50 et peser près de 40 kg. La réhabilitation de certains cours d’eau, la construction de « passes à poissons » ont permis son retour dans de nombreuses rivières comme dans l’Allier ou en Bretagne Après l’accouplement les géniteurs meurent : leur organisme se délabre, mais ils ont assuré la continuité de l’espèce… Dans nos rivieres certains saumons epuises apres la ponte les "becquards" reussissent pourtant à survivre et repartent vers la mer, encore un mystere de la nature . Toutes les anguilles en âge de se reproduire, vers l’age de 10 ans, poussées par un instinct irrépressible quittent le cours d’eau ou elles ont grandi pour un long et périlleux voyage sans retour, de plusieurs milliers de Km, pour se reproduire dans la mer des Sargasses, au large des côtes de la Floride. Des Centaines de millions d’anguilles s’y retrouvent pour s’accoupler à des profondeurs probables de près de 700 mètres Leurs larves feront un long voyage de retour pour grandir dans les cours d‘eau ou ont vécu leurs parents. Les femelles trop grosses qui peuvent atteindre près de deux mètres et plusieurs Kilos ne seront pas du voyage. Civelles Voir annexes 3 et 4 Le « poisson fourrage » manger et être mangé
Perche ( Perca fluviatilis ) Vairon (Phoxinus phoxinus). Tanche (Tinca tinca) Grémille (Gymnocephalus cernua ) Goujons (Gobio gobio)
Gardon (Rutilus rutilus) Le plus commun sans doute le plus connu de la faune piscicole le Gardon peut pondre jusqu'à 100.000 œufs qui adhèrent aux plantes. Les alevins et les adultes sont très prisés des prédateurs dont c’est souvent la nourriture de base. Les pêcheurs parlent de « poisson fourrage » tant ils sont prolifiques. Sans leur présence, la vie des carnassiers perches, brochets, et Sandres, serait impossible, ils sont le maillon indispensable dans la chaîne alimentaire de l’écosystème rivière. Tout comme le vairon qui partage la « niche écologique de la truite et lui sert de garde manger. Peu commune la Gremille ou Perche goujonniere
Le poisson rouge est originaire de Chine
Le Brochet et le Sandre mythe et réalité Super prédateur dans la chaîne alimentaire le brochet contrairement au Sandre, un concurrent redoutable, se contente de quelques poissons à son menu hebdomadaire Les expériences en captivité montrent que rassasié il ignore les proies potentielles. Le sandre introduit dans nos eaux il y a quelques dizaines d’années se révèle beaucoup plus vorace à l’instar du monstrueux Silure glane. Il occupe la même niche écologique et la concurrence tourne à l’avantage de ce dernier. Super Des mammifères aussi
Les Castors peu à peu réapparaissent dans quelques fleuves et rivières Des petites communautés ont pu survivre dans le Rhône. Ils sont aujourd’hui présents ainsi que la loutre dans les monts d’Arrée en Bretagne. Le Ragondin lui se porte bien, son introduction malencontreuse a porté préjudice aux populations de mammifères autochtones et occasionne le minage des berges. L’oiseau qui marche au fond de l’eau : le Cincle plongeur Gros comme un merle, le Cincle plongeur possède la capacité inouïe de marcher au fond des cours d’eau rapides et même torrentiels. Il soulève pierres et graviers et à a recherche d’insectes, de vermisseaux Les études semblent indiquer qu’il utilise la force du courant pour se plaquer contre le fond. Le Martin pêcheur véritable ornement de nos rivières perché sur une branche peut plonger a plus d’un mètre et manque rarement les poissonnets qu’il apporte à sa nichée tout au fond d’une profonde galerie creusée à même la berge. Une époque est révolue, espoir... nos cours d'eau vont mieux !
Le temps de l’abondance est achevé, celui de l’indifférence, du chacun pour soi et du n’importe quoi aussi. Truite fario ( Salmo trutta ) Le bilan est sévere catastrophique parfois, introduction intempestive d’espèces qui menacent la faune et la flore indigène. La perche soleil par exemple Introduite dans les années 1880 est un redoutable predateur d'alevins. L' introdction du Silure glane est contestée par beaucoup tres mal vue par les uns benie par les autres( pêcheurs ) A cela il faut ajouter sur pêche, rectification au bulldozer des berges, constructions de mini centrales électriques,la liste est loin d'etre exhaustive. Les pouvoirs publics, les élus des conseils régionaux et généraux, les communes, les sociétés de pêche parfois décriées, souvent à tort, en relation avec les nombreux bénévole des associations de protection de l’environnement sont devenus incontournables dans la préservation de ces milieux. Ils entreprennent, sur leurs loisirs pour beaucoup, de nombreuses actions de réhabilitation, élagage, pose de fascines, empierrage des berges (Le "Pontchrist" en 56) des cours d'eau surveillance des pollutions, actions de sensibilisation. Globalement grâce à tous ces acteurs, même si la situation reste préoccupante, dans l’ensemble, l’état de nos cours d’eau s’améliore. Cette prise de conscience relayée de plus en plus par les medias sur la nécessité de préserver cette ressource, de l’assainir, de la valoriser malgré les réticences de certains lobbies industriels ou agricoles est réelle. Les actions menées sont nombreuses et souvent efficaces, une multitude de Signe d’espoir, le retour du Saumon et de la truite Fario véritables indicateurs de l’état biologique d’un cours d’eau dans de nombreux fleuves et rivières de France montre que la dégradation de notre environnement n’est pas une fatalité. La Bretagne durement touchée par les rejets agricoles, les inondations provoquées par un remembrement mal conduit n’est pas en reste, le Saumon montre à nouveau le bout de son nez dans le Scorff, l’Aulne, le Blavet le Couesnon et beaucoup d’autres encore Portraits : Chevesne. Goujon. Perche soleil. Perche commune.
Annexe 1 Truite fario La Truite Fario (Salmo trutta fario) au service du traitement des eaux . Les truitelles de souche sauvage dites « Farios » servent d’indicateurs biologiques dans les centres de traitement des eaux. Elles sont maintenues dans de vastes aquariums et réagissent à la moindre variation du milieu, à la moindre dégradation de la qualité de l’eau. Toute modification de leur comportement, de leur coloration Ci dessous Brochet Black bass Truite fario Annexe 2 Crues et reproduction du Brochet
Les crues catastrophiques lorsqu’elles surviennent tôt au printemps sont une bénédiction pour le Brochet .Sa reproduction n’est possible que sur des herbiers à faible profondeur. Les prairies inondées au moment des crues lorsque le fleuve déborde de son lit lui sont nécessaires pour qu’il dépose ses œufs et assure ainsi une reproduction naturelle. Annexe 3 Des Civelles en or Les larves pélagiques portées par les courants sur près de 6000 Km se transforment en « civelles » près des côtes Européennes, elles remontent fleuves et rivières puis en grandissant deviennent des anguilles « jaunes » , adultes elles deviennent « argentées ». L’anguille est menacée, les civelles très prisées des gourmets, en particulier Asiatiques sont sur pêchées, braconnées en masse, vendues à prix d’or elles ne rejoignent plus le cours d’eau ou elles vont grandir. Cette situation menace les « stocks » d’anguilles adultes et donc la reproduction. Dans l’estuaire de la Gironde, le Braconnage des civelles malgré la répression perdure tant les profits sont considérables, le kg de civelles se négocie plusieurs centaines d’Euros. Annexe 4 La fin d’un mythe
Les études de chercheurs Canadiens ont mis fin au mythe de la grande orgie reproductrice des anguilles dans la mer des Sargasses. La reproduction se fait par vagues successives ce qui explique le maintien de populations différentes en fonction de leur milieu d’origine ce que les analyses génétiques confirment Annexe 5 le SDAGE
Le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux est une loi déterminante votée en 1992 qui réglemente, impose par la loi les conditions de la gestion de l’eau et des milieux aquatiques. Elle repose sur la concertation avec les usagers.Pour les six grands bassins hydrographiques en France « Il fixe les objectifs de qualité des eaux superficielles à atteindre dans le bassin pour quinze ans, identifie et protège les milieux aquatiques sensibles. Par ailleurs, il affiche une répartition de l’eau entre les différentes catégories d’usagers. PS Une suite à cet Article etait prévue la Rehabilitation d'une petite riviere à truite "le Pont-Christ" ou vit encore une souche de poissons sauvages pres d'Auray dans le Morbihan en collaboration avec un groupe de l'association "Eau et rivieres de Bretagne" ...le voila
Réhabilitation d’un cours d’eau Le Pont Christ paru dans aquarium à la maison N° Les rivières d’antan Photo 40 ou 41 Dans beaucoup de régions de notre douce France combien de ces petites rivières qui serpentaient voluptueusement à travers bois marais champs et prairies sont devenues de simples rigoles nauséabondes où toute vie bêtes ou plantes ont disparu : elles ont été « rectifiées » Au fil du temps réaménagées avec brutalité sans état d’âme, elles peinent à évacuer avec les eaux pluviales tous les résidus de notre société de consommation. Photo42 Il y avait bien quelques « écolos » pour s’en offusquer. Ils étaient moqués par les uns, vilipendés par les autres peu écoutés en tous cas au nom du réalisme économique. Remembrement, exode rural accentué, industrialisation à marche forcée pendant les trente glorieuses ont engendré la pression urbaine et démographique. Rejets agricoles et industriels toxiques ont entraîné la dégradation des milieux de vie et in fine menacent celui qui tient le bout de la chaîne l’Homo Sapiens. L’état, les collectivités locales réagissent aujourd’hui (Parcs naturels réserves, agences de l’eau, observatoires de l’environnement …) mais c’est le milieu associatif qui souvent se montre le plus actif, le plus efficace pour mener des actions « de terrain » et traîner devant les tribunaux certains de ceux qui menacent une ressource essentielle l’eau et la bio diversité Encart 1 Vous avez dit biodiversité ? Les cours d’eaux, du plus modeste ruisseau jusqu’au fleuve, outre leur importance économique jouent un rôle capital dans l’écosystème et le maintien de la biodiversité des « zones humides » Toutes les espèces animales ou presque sont présentes dans l’écosystème rivière. Les poissons bien sûr et tous ceux qui sont inféodés au milieu aquatique, oiseaux, reptiles, batraciens, insectes et mammifères. L’existence de toute une flore bien spécifique totalement aquatique, semi aquatique ou bordurière est totalement intégrée à cet environnement. Photos 7 (ou 8) A chaque étape de son voyage le cours d’eau reflète le paysage environnant, se charge de matières organiques, abrite une flore et une faune différente et variée. Les interactions entre la rivière et son environnement sont constants : il n’y a pas de « frontière » entre l’eau et la terre, entre le lit du cours d’eau et la berge. C’est ce défi, même s’il a ses limites, qu’une poignée de passionnés est parvenu à relever : la « réhabilitation » d’un ruisseau perdu au milieu des bois des marais des prés et des champs comme on dit, ou quelques truites sauvages « résiduelles » se cachaient encore. Photo 4 (ou 3 ou 26) Nous sommes allés sur le site et avons recueilli le témoignage d’André un élément moteur du renouveau du Pont Christ en Pays d’Auray. Le récit de cette belle aventure prouve que ce qui a été détruit peut être reconstruit si … tous les gars du monde. Encart 1 Un matin d’avril 1984, en partant à son travail, un « vieux coureur de rivière » comme il se définit lui même, aperçoit au bord du ruisseau du Pont Christ, côté commune de Brech des gros engins jaunes en train d’éventrer le lit du ruisseau et de lui arracher ses pierres. Il s’arrête stupéfait, non il ne rêve pas ! Dimanche dernier il était là à taquiner la truite, et aujourd’hui le ruisseau vomit de la boue, ce même ruisseau bien connu des pêcheurs ressemblait plus avant 1984 à un torrent de moyenne montagne qu’à un marigot ! Photo 9 (ou10) De la volonté, de la sueur et des larmes Il va en falloir de la bonne volonté à tous ces bénévoles, jusqu’à trente, venus d’un peu partout travailler avec les pêcheurs locaux. photo 31 Hommage à ces agriculteurs souvent heureux d’agir pour l’environnement, à ce transporteur local de Pluvigner qui offre gratuitement ses services pour transporter à proximité du Pont Christ, des tonnes de pierres offertes par Dominique C un agriculteur du coin, à la commune de Pluvigner qui à plusieurs reprises a aidé pour déplacer des pierres. Hommage aussi aux élèves en classe de BTS du Lycée de Kerplouz pour leur aide, à la Communauté de Communes du Loch qui a accordé une somme de 11000 Euros sur 3 ans dans le cadre du petit volet environnement du plan Bretagne Eau Pure N° 2. Carton rouge pour ceux qui malgré la promesse faite par l’adjoint au Maire de Pluvigner et par l’ONF de laisser une bande de 20 m, ont labouré le terrain au ras du ruisseau en sept 1997. Et à partir de cette date les bénévoles ont dû stocker les pierres et autres matériaux à 400 m des lieux de travail avec obligation de transporter fagots et piquets avec des cordes, et les pierres avec un traîneau tiré par 4 ou 6 bénévoles ! Photos 1E Retrouver un lit douillet pas si facile ! De nombreux végétaux Saule Osier ont été bouturés en berge Des fagots de saules en bordure de rives et des fascines fixés avec des piquets de châtaigner sont installés pour atténuer l’érosion. Photo 11 Des fagots et des pierres sont disposés en épis pour créer une diversité de courants et stocker les sédiments Photo15 Des murets en pierres, des seuils étanches facilitent l’écoulement pour chasser les sédiments en aval, augmenter la lame d’eau en amont Photos 23 La création d’un gué et d’un piège à sédiments fins à l’emplacement de l’ancien abreuvoir à vaches redessine le tracé et surtout la pose de grosses pierres multiplie les habitats pour la faune et oxygène l’eau en créant des remous Que du bonheur ? presque… Durant les 3 premières années le succès parait total : morphologie du lit retrouvée, absence d’érosion des berges, augmentation très significative de la population de salmonidés mais échec total sur le génie végétal : aucune bouture n’a repris. De plus au bout de 3 ans les fagots de saule se désagrégent mais ils abritent une multitude de poissonnets et d’insectes. Vairons loches, larves d’éphémères, gammares Photo17 et 27 Ils sont donc intéressants sur une courte période. Les arbres plantés en berges envoient rapidement leurs racines vers l’eau et forment des cachettes tout en retenant la terre Photos 12 Les pierres vieillissent petit à petit et donnent un air bien armoricain au ruisseau photo 24 Les seuils améliorent la beauté du ruisseau et même certains glougloutent agréablement l’été. Photos dans l’ordre 1A 1B 1C La lame d’eau a triplé voire décuplé, le lit présente une alternance de cailloux, graviers, sable ,vase et peut ainsi accueillir des espèces animales diversifiées. On n’a jamais revu de mousses vertes l’été, l’eau est courante et claire. Photo25 Le gué présente un intérêt paysager pour le promeneur Et surtout le bilan truites de 2007 soit 10 ans plus tard est satisfaisant en biomasse Photos 30 (ou 32) Des phénomènes d’érosion sont apparus après le pourrissement des fagots de saules Certains hivers apportent de l’amont des quantités de sable qui colmatent partiellement le fond malgré les aménagements André et la morale de cette histoire « La morale de cette affaire c’est que l’on a trop théorisé au début , et que l’on a été trop directif avec l’eau .Ce fut une belle aventure humaine, des bénévoles sont venus se faire la main avec nous dans le cadre de stages scolaires, et plusieurs travaillent maintenant à réhabiliter des ruisseaux à titre professionnel. La rivière est difficile à maîtriser car les niveaux d’eau sont tellement changeants. Il faut la laisser s’exprimer, prendre sa place, même si à certains endroits il faut donner un coup d’accélérateur au courant. Car l’objectif c’est de retrouver une rivière sauvage, où la main de l’homme n’apparaît plus » Beau programme quand même et puis des projets aussi « D’abord quelques portions de reconstruction de frayères à truites, et surtout nous espérons une maîtrise d’œuvre de réhabilitation sur un autre ruisseau de 4 km qui devrait commencer milieu 2009 » Par Jacques Quintin et André R Encart 1 Eau et rivières de Bretagne Venelle caserne 22200 Guingamp Te02 96 21 38 77 En savoir plus sur les “zones humides” http://pagesperso-orange.fr/erb-zh/ Encart 2 La rivière est vivante Les plantes immergées ou de surface épurent les eaux en consommant les rejets azotés résidus des activités humaines, en particulier agricoles. La présence de plantes comme Callitriche palustris photo 2 est un signe de bonne santé de la rivière Au contraire le développement des algues filamenteuses indique un excès de matières organiques ou minérales en suspension ,essentiellement des Nitrates dues aux engrais. La végétation bordurière retient les berges et restitue l’eau puisée par les racines et humidifie l’atmosphère. Les plantes rivulaires jouent un rôle majeur , en particulier pour les alevins qui trouvent entre les racines immergées protection et nourriture, et abritent quantité d’oiseaux, petits passereaux palmipèdes, échassiers qui vivent ou nichent à proximité. Photo 28 Qu'elles soient totalement aquatiques comme les Myriophylles les Elodées, les Ceratophyllum, bien connues des aquariophiles, semi aquatiques comme les Nénuphars, les Aponogétons, les iris d’eau ou en bordure comme les Aulnes, les Saules, les Frênes tous sont nécessaires au maintien de la biodiversité.
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